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Impact du DSM-5

La publication du DSM-5 en 2013 a donné lieu à des transformations dans les catégories où on retrouvait jusqu'alors les troubles anxieux. La terminologie et les critères diagnostiques de chacun de ces derniers ont par ailleurs peu changé.
On remarque que le trouble panique n'est plus indispensable au diagnostic de l'agoraphobie, en fait on reconnait que les attaques de panique peuvent se retrouver dans une foule d'autres conditions dont elles constituent un caractère aggravant. Le terme anxiété sociale a officiellement remplacé celui de phobie sociale. Le trouble-obsessionnel-compulsif et le stress post-traumatique existent toujours, pas comme troubles anxieux mais à l'intérieur de nouvelles catégories qui leur sont propres.              (Adaptation, Dr. Denis Audet, MD, 2016)
  1. DSM-IV TR -Trouble panique ± agoraphobie • Phobie Sociale • Phobies spécifiques • Anxiété généralisée • Trouble obsessionnel- compulsif • Stress post-traumatique • Stress aigu 
  2. DSM-5 - Trouble panique • Agoraphobie • Anxiété Sociale • Phobies spécifiques • Anxiété généralisée • Anxiété de séparation • Mutisme sélectif
    (résumé adapté du DSM-5)
Le trouble obsessionnel-compulsif donne lieu à une catégorie distincte, avec le trouble d'excoriation, le trouble dysmorphophobique et une nouveauté, le hoarding disorder qu'on peut traduire par trouble d'accumulation, apparenté aux descriptions cliniques du syndrome de Diogène.  Le stress post-traumatique et le stress aigu sont maintenant aménagés dans la catégorie des problèmes reliés à des traumatismes ou au stress, au même titre que les troubles de l'adaptation.  Le trouble d'anxiété de séparation et le mutisme sélectif étaient réservés à l'enfance dans le DSM-IV. On les a amenés parmi les troubles anxieux du fait de leur prévalence chez certains adultes dont l'historique ne permettait pas toujours de documenter l'existence du trouble lorsqu'ils étaient jeunes.
(résumé adapté du DSM-5)
          Le trouble d'accumulation
  • A: difficulté à se départir de ses possessions, sans égard à leur valeur
  • B: difficulté attribuée au besoin de garder les objets ou détresse à l'idée de s'en départir
  • C: encombrement des aires de séjour et compromission de l'utilisation des possessions
  • D: exclusion de l'étiologie organique
  • E: exclusion d'un autre trouble mental
    (résumé adapté du DSM-5)                                                                 
L'impact du DSM-5: troubles de l'humeur  
Les critères de la dépression majeure ont été reconduits presque intégralement. On a fusionné le dépression majeure chronicisée (>2 ans) avec le trouble dysthymique, l'avenir nous dira à quel point cette construction demeurera valide sur le plan clinique.
  • Trouble dépressif persistant (Dysthymie)
  •   A) Humeur dépressive la plupart du temps x 2 ans 
  • B) 2/6  •  ou  appétit•  ou  sommeil •  énergie ou fatigue • faible estime de soi •  concentration ou idécision • sentiment de désespoir 
  • C) < 2 mois sans les critères A ou B
  • D) Les critères pour l'épisode dépressif majeur peuvent avoir été continuellement présents x 2 ans
  • E) Pas de manie ni d'hypomanie
  • F) Exclusion de troubles de catégorie psychotique
  • G) Exclusion d'effet de substance ou d'organicité
  • H) Détresse significative
Contrairement à ce que plusieurs critiques lui ont faussement fait dire, le DSM-5 mentionne explicitement que:
• le deuil n'est pas une maladie.
• la dépression demeure un phénomène possible à la suite d'une perte.
(résumé adapté du DSM-5)

Le deuil (<8 semaines) n'est plus un critère d'exclusion de la dépression majeure

 – Tristesse – Rumination sur la perte – Insomnie – Perte de poids et d'appétit  font partie de la réaction normale à une perte importante…mais en présence des autres symptômes, on doit utiliser son jugement clinique pour reconnaitre la possibilité d'un épisode dépressif majeur.

Un pont a été officialisé entre la dépression et l'anxiété avec la détresse anxieuse qui devient une caractéristique de la dépression unipolaire ou bipolaire.

  • Détresse anxieuse-Tension-Agitation inhabituelle-Difficultés de concentration à cause des inquiétudes-Peur qu'il survienne un malheur-Impression de perte de contrôle

  •    Gravité:
  •                 Léger = 2 symptômes
  •                 Modéré = 3 symptômes
  •                 Modéré à sévère = 4 symptômes
  •                 Sévère = 4-5 symptômes + agitation motrice    (résumé adapté du DSM-5)

La notion de mixité est beaucoup mieux élaborée avec le DSM-5. Le DSM-IV ne reconnaissait que les épisodes mixtes dans la maladie bipolaire de type I, encore fallait-il rencontrer en même temps tous les critères de la manie et ceux de la dépression, mission quasiment impossible dans la réalité clinique.  Avec le DSM-5, la caractéristique mixte est permise dans les dépressions aussi bien unipolaires que bipolaires.

La caractéristique "mixte" est maintenant permise dans la dépression unipolaire 

=

3/7 des symptômes de manie/hypomanie presque à tous les jours durant le cours d'un épisode dépressif majeur, non directement attribuables à l'effet d'un traitement antidépresseur.

La distractibilité n'est pas incluse dans ces symptômes.

   (résumé adapté du DSM-5)

Détail très important, une augmentation de l'énergie ou de l'activité est exigée pour parler de manie ou d'hypomanie, ce qui contribue à un meilleur diagnostic différentiel des maladies bipolaires.